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Expertises santé

La neurostimulation

Ces dernières années, la stimulation électrique est largement utilisée dans le traitement des dysfonctions du bas appareil urinaire, avec divers courants, modes et sites d’administration et notamment avec la neuromodulation directe des racines sacrées postérieures par électrodes implantées.

Une technique non invasive est venue compléter l’arsenal de l’électrostimulation :   

La stimulation transcutanée du nerf tibial au niveau de la cheville aussi appelée Neurostimulation du Nerf Tibial Postérieur. Suivant la prescription médicale, les appareils de neurostimulation peuvent être loués ou achetés.

La Neuromodulation du Nerf Tibial Postérieur ou nerf sciatique poplité interne (SPI), consiste à délivrer des impulsions électriques de faible intensité sur le trajet du nerf tibial postérieur au niveau de la face interne de la cheville par l’intermédiaire d’un petit appareil (électrostimulateur externe) relié à des électrodes cutanées conductrices, souples et adhésives.

Les électrodes cutanées seront positionnées sur le trajet du nerf tibial postérieur : la première en regard de la malléole interne et la deuxième 10/12 cm au-dessus de la première (Cf. ci-dessous).

Electrostimulateurs cutanés


Emplacement des électrodes

Tensi +

Tensi +

  • Les troubles urinaires irritatifs neurogènes (désordres vésico-sphinctériens d’origine neurologique) 
  • Les troubles urinaires irritatifs idiopathiques (sans cause connue), plus communément appelés « hyperactivité vésicale » et pouvant s’accompagner d’incontinence urinaire.
  • Les douleurs vésicales, pelviennes et pudendales*
  • Les syndromes dysuriques (difficulté à uriner) sans cause obstructive
  • Les troubles ano-rectaux 

*La névralgie pudendale est une affection neurologique touchant un nerf qui se trouve dans la région profonde du bassin. Elle provoque des douleurs parfois insupportables, dans différentes régions du bassin (voies urinaires, anus, rectum, périnée et organes génitaux).

La Neurostimulation du Nerf Tibial Postérieur consiste à stimuler électriquement et à faible intensité (c’est-à-dire de manière non douloureuse) les afférences sensitives de ce nerf.

En effet, le nerf tibial postérieur est un nerf mixte qui comprend des fibres L4-S3 appartenant au même territoire métamérique* que les racines sacrées qui commandent à la fois le système vésico-sphinctérien et le système anorectal (Cf. schéma suivant) et qui véhiculent les voies de la douleur du périnée. 

Le seuil de stimulation sera déterminé par la perception sensitive de la stimulation par le patient. Il n’y a pas d’intensité minimale ou maximale admise pour le traitement.

Selon la sensibilité de chaque patient, l’intensité de traitement se situera en moyenne entre 10mA et 45 mA.

Les paramètres de stimulation habituellement utilisés pour les troubles urinaires et anorectaux seront les programmes utilisant une fréquence de 10Hz/15Hz associés à des stimulus de 180µsec/200µsec.

La méthode de neurostimulation tibiale nécessite la participation active du patient car elle sera réalisée à domicile par le patient lui-même, au rythme de 20 à 30 minutes par jour durant au minimum trois mois. Il sera recommandé au patient de réaliser la séance de stimulation au repos, en position assise ou allongée.

Il sera important d’indiquer au patient :

  • le placement des électrodes,
  • les différentes manipulations de l’électro-stimulateur (comment l’allumer, comment charger l’appareil ou changer les piles, où brancher les cordons des électrodes, etc…),
  • comment définir son seuil d’intensité pour la stimulation,
  • où trouver les différents documents pédagogiques qui l’aideront dans sa prise en charge.


Une relation sera maintenue tout au long du traitement afin de
 :

  • réajuster si besoin l’intensité en fonction du seuil sensitif du patient,
  • évaluer les éventuelles gênes motrices,
  • répondre aux différentes questions liées au fonctionnement de l’appareil.


Ce suivi régulier permettra d’optimiser une bonne observance du traitement chez le patient.

Le résultat clinique sera apprécié par le médecin prescripteur (Urologue, Médecins rééducateur, gynécologue…) à l’issue d’une période de quelques mois déterminée en amont par le praticien.

En cas d’amélioration significative la stimulation pourra être poursuivie et la fréquence pourra alors être adaptée au cas par cas en fonction des résultats obtenus.

Contre-indications :

Les rares contre-indications à l’utilisation de cette technique sont : 

  • le port d’un stimulateur cardiaque (Pace Maker) pour lequel il sera nécessaire d’obtenir l’aval du cardiologue,
  • la grossesse où l’approbation du gynécologue sera exigée,
  • les lésions cutanées sur le trajet de positionnement des électrodes,
  • le port d’une prothèse métallique dans la zone à stimuler,
  • les troubles de la sensibilité locale (neuropathie périphérique).

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