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Expertises santé

L'infection urinaire 

Normalement, l’urine est stérile. Elle contient de l’eau à 96 %, des sels et des composants organiques, mais est exempte de micro-organismes.

Le système urinaire possède de nombreux moyens de défense contre les infections :

  • le flot urinaire expulse les bactéries et rend plus difficile leur ascension vers la vessie et les reins,
  • l’acidité de l’urine (pH inférieur à 5,5) inhibe la croissance des bactéries,
  • la forme de la vessie et des uretères préviennent la remontée de l’urine vers les reins,
  • le système immunitaire en général lutte contre les infections,
  • la paroi de la vessie contient des cellules immunitaires ainsi que des substances antibactériennes,
  • chez les hommes, les sécrétions de la prostate contiennent des substances qui ralentissent la multiplication des bactéries dans l’urètre.


Les
 infections urinaires sont un motif fréquent de consultation des hommes et des femmes en médecine libérale ou publique, généraliste ou spécialiste. 

On recense près de 5 millions d’Infections urinaires par an, c’est la première cause d’infection nosocomiale (infection contractée durant un séjour dans un établissement de santé et/ou associée aux soins), c’est une des infections bactériennes les plus fréquentes en ville.

L’infection urinaire peut toucher une ou plusieurs parties du système urinaire; la vessie, l’urètre, les uretères et les reins.

On distinguera donc plusieurs types d’infections urinaires selon la localisation de celle-ci :

  • la cystite :
    De loin la forme d’infection urinaire la plus courante, la cystite touche presque uniquement les femmes, elle est très fréquente, entre 20 et 40% des femmes feront une telle infection au cours de leur vie, tandis que 2 à 4% des femmes en souffrent tous les ans. Il s’agit d’une infection et d’une inflammation de la vessie. La plupart du temps, elle est provoquée par la prolifération de bactéries intestinales de type Escherichia coli, qui sont nombreuses aux environs de l’anus. Ces bactéries passent de la région anale et vulvaire à la vessie en remontant l’urètre,
  • l’urétrite :
    Si l’infection touche uniquement l’urètre (le conduit qui relie la vessie au méat urinaire), on l’appelle urétrite. Il s’agit d’une infection transmissible sexuellement (ITS) courante chez les hommes, mais les femmes peuvent aussi en souffrir. Différents agents infectieux peuvent causer l’urétrite. Chez l’homme, l’urétrite peut s’accompagner d’une prostatite (infection de la prostate),
  • la pyélonéphrite :
    La pyélonéphrite est une affection plus grave. Elle désigne l’inflammation du bassinet (la cavité du rein collectant les urines) et du rein lui-même. Celle-ci résulte généralement d’une infection bactérienne. Il peut s’agir d’une complication d’une cystite non traitée ou mal traitée qui conduit à la prolifération des bactéries de la vessie vers les reins. La pyélonéphrite aiguë survient surtout chez la femme, et principalement la femme enceinte. Elle est aussi fréquente chez les enfants qui ont une malformation urétérale provoquant un reflux de l’urine de la vessie vers les reins.


La fréquence des infections urinaires dépend de l’âge et du sexe. Les femmes sont beaucoup plus touchées que les hommes.

  • chez la femme,
    la proximité entre l’anus et le méat urinaire (l’orifice externe de l’urètre) facilite grandement l’accès de l’urètre aux bactéries intestinales provenant du rectum, comme l’
    Escherichia coli. Par ailleurs, l’urètre féminin étant très court (à peine 4 à 5 cm), cela facilite l’accès des bactéries à la vessie. En outre, la grossesse augmente le risque d’infection urinaire. On estime que plus d’une femme sur deux aura au moins une cystite dans sa vie et qu’un tiers de ces infections seront récidivantes,
  • chez l’homme,
    l’infection urinaire (urétrite, surtout) est souvent liée à l’activité sexuelle. Chez un homme plus âgé, elle est plus souvent associée à des troubles de la prostate. Ainsi, lorsqu’un homme de plus de 50 ans est atteint d’une infection urinaire, cela est presque toujours lié à une hypertrophie bénigne de la prostate ou à une inflammation qui empêche la vessie de se vider complètement,
  • chez les enfants,
    plus rarement touchés, l’infection urinaire peut être le signe d’une anomalie anatomique du système urinaire et doit absolument être traitée.

L’infection urinaire présente des symptômes ou signes particuliers. Ces symptômes peuvent être uniques ou multiples, simples ou compliqués :

  • brûlures en urinant (brûlures mictionnelles),
  • difficultés à uriner (dysurie),
  • envies fréquentes d’uriner (pollakiurie),
  • fuites urinaires, urgences mictionnelles (impériosités mictionnelles ou urgenturies),
  • odeur nauséabonde,
  • pyurie (présence de pus dans les urines),
  • hématurie (présence de sang dans les urines),
  • douleurs abdominales et fièvre.

L’Escherichia coli, également appelée colibacille et souvent abrégée en E. coli, est une entérobactérie (bactérie provenant du côlon) qui compose environ 80 % de notre flore intestinale.

Ces E.coli deviennent pathogènes, lorsqu’elles pénètrent dans un organisme non habituel causant alors des troubles plus ou moins sévères. 

Les E. coli uropathogènes, responsables de près de 90% de nos infections urinaires, ont la particularité de pouvoir adhérer aux parois des voies urinaires.

Pour permettre cette adhérence, les E. Coli sont pourvus de prolongements à l’extrémité de leurs pilis (sorte de « petits bras »). Cette adhérence va leur permettre notamment de remonter via l’urètre dans la vessie en évitant leur élimination par le flux urinaire.

Certaines mesures hygiéno-diététiques sont essentielles pour éviter ou limiter les infections urinaires et notamment la cystite :

  • sauf contre-indication médicale, boire en quantité suffisante (1,5 l d’eau par jour) et de manière régulière tout au long de la journée et ne pas hésiter à augmenter les boissons en été pour compenser les déperditions liées à la transpiration. Plus on boit, plus on urine, et moins les germes stagnent dans la vessie,
  • uriner environ toutes les 3 ou 4 heures en journée ( Il ne faut pas se retenir sous peine de concentrer les urines et de créer un milieu propice à la multiplication des bactéries) et juste après les rapports sexuels,
  • préférer des vêtements larges et des sous-vêtements en coton plutôt qu’en nylon. Les vêtements et sous-vêtements trop serrés (jeans moulants par exemple) et/ou en synthétique, favorisent la macération,
  • lutter contre la constipation car la stagnation des selles dans le côlon facilite la prolifération des microbes Favoriser une alimentation riche en fibres en mangeant un maximum de fruits et de légumes verts,
  • respecter une bonne hygiène (région génito-anale) et protéger la flore bactérienne. L’excès ou le manque d’hygiène sont des situations à risque,
  • n’utilisez pas tous les jours un produit d’hygiène intime souvent trop agressif pour la flore vaginale qui nous protège des germes.

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