Informations

En tant que spécialiste reconnu de l’urologie et de la stomathérapie, notre volonté est de vous donner accès à une information médicale de qualité et d’assurer un relais avec vos infirmier(e)s et médecins pour un suivi personnalisé.
C’est dans ce but, que nous vous proposons ici des informations accessibles à tous, sur les infections urinaires.
Vous y trouverez des conseils, des précisions sur les soins et les produits, ainsi qu’un lexique des principaux termes médicaux utilisés.
Toutes ces informations ne sont là que pour vous aider à répondre à certaines de vos interrogations. Elles ne peuvent en aucun cas se substituer à vos consultations chez le médecin.

Généralités

Normalement, l’urine est stérile. Elle contient de l’eau à 96 %, des sels et des composants organiques, mais est exempte de micro-organismes.

 

Le système urinaire possède de nombreux moyens de défense contre les infections :

 

  • Le flot urinaire expulse les bactéries et rend plus difficile leur ascension vers la vessie et les reins
  • L’acidité de l’urine (pH inférieur à 5,5) inhibe la croissance des bactéries
  • La forme de la vessie et des uretères prévient la remontée de l’urine vers les reins
  • Le système immunitaire en général lutte contre les infections
  • La paroi de la vessie contient des cellules immunitaires ainsi que des substances antibactériennes
  • Chez les hommes, les sécrétions de la prostate contiennent des substances qui ralentissent la multiplication des bactéries dans l’urètre

 

 

Petit rappel sur les principales fonctions des différentes parties du système urinaire :

 

  • Les reins assurent la filtration du sang. Ils permettent l’élimination des déchets et jouent également un rôle important dans la régulation de la pression sanguine
  • Les uretères sont de petits canaux qui permettent le passage de l’urine des reins à la vessie
  • La vessie fait office de réservoir d’urine
  • L’urètre conduit l’urine de la vessie à l’extérieur du corps

 

 

Les infections urinaires sont un motif fréquent de consultation des hommes et des femmes en médecine libérale ou publique, généraliste ou spécialiste. 

On recense plus de 4.5 millions d’Infections urinaires par an, c’est la première cause d’infection nosocomiale et c’est une des infections bactériennes les plus fréquentes en ville.

 

L’infection urinaire peut toucher une ou plusieurs parties du système urinaire : les reins, les uretères, la vessie et l’urètre.

 

On distinguera donc 3 types d’infections urinaires selon la localisation de celle-ci :

 

  • La cystite : De loin la forme d’infection urinaire la plus courante, la cystite touche presque uniquement les femmes, elle est très fréquente, entre 20 et 40% des femmes feront une telle infection au cours de leur vie, tandis que 2 à 4% des femmes en souffrent tous les ans. Il s’agit d’une infection et d’une inflammation de la vessie. La plupart du temps, elle est provoquée par la prolifération de bactéries intestinales de type Escherichia coli, qui sont nombreuses aux environs de l’anus. Ces bactéries passent de la région anale et vulvaire à la vessie en remontant l’urètre. La cystite s’accompagne toujours d’une urétrite.
  • L’urétrite : Si l’infection touche uniquement l’urètre (le conduit qui relie la vessie au méat urinaire), on l’appelle urétrite. Il s’agit d’une infection transmissible sexuellement (ITS) courante chez les hommes, mais les femmes peuvent aussi en souffrir. Différents agents infectieux peuvent causer l’urétrite. Chez l'homme, l'urétrite peut s'accompagner d'une prostatite (infection de la prostate).
  • La pyélonéphrite : La pyélonéphrite est une affection plus grave. Elle désigne l’inflammation du bassinet (la cavité du rein collectant les urines) et du rein lui-même. Celle-ci résulte généralement d’une infection bactérienne. Il peut s’agir d’une complication d’une cystite non traitée ou mal traitée qui conduit à la prolifération des bactéries de la vessie vers les reins. La pyélonéphrite aiguë survient surtout chez la femme, et principalement la femme enceinte. Elle est aussi fréquente chez les enfants qui ont une malformation urétérale provoquant un reflux de l'urine de la vessie vers les reins.

 

 

La fréquence des infections urinaires dépend de l’âge et du sexe. Les femmes sont beaucoup plus touchées que les hommes.

 

Chez la femme, la proximité entre l’anus et le méat urinaire (l'orifice externe de l'urètre) facilite grandement l’accès de l’urètre aux bactéries intestinales provenant du rectum, comme l’Escherichia coli. Par ailleurs, l’urètre féminin étant très court (à peine 4 cm), cela facilite l’accès des bactéries à la vessie. En outre, la grossesse augmente le risque d’infection urinaire. On estime que plus d’une femme sur deux aura au moins une cystite dans sa vie et qu’un tiers de ces infections seront récidivantes.

 

Chez l’homme, l’infection urinaire (urétrite, surtout) est souvent liée à l'activité sexuelle. Chez un homme plus âgé, elle est plus souvent associée à des troubles de la prostate. Ainsi, lorsqu’un homme de plus de 50 ans est atteint d'une infection urinaire, cela est presque toujours lié à une hypertrophie bénigne de la prostate ou à une inflammation qui empêche la vessie de se vider complètement.

Chez les enfants, plus rarement touchés, l’infection urinaire peut être le signe d’une anomalie anatomique du système urinaire et doit absolument être traitée.

 

 

L’infection urinaire présente des symptômes particuliers. Ces symptômes peuvent être uniques ou multiples, simples ou compliqués :

 

  • Brûlures en urinant (brûlures mictionnelles)
  • Difficultés à uriner (dysurie)
  • Envies fréquentes d’uriner (pollakiurie)
  • Fuites urinaires, urgences mictionnelles (impériosités mictionnelles ou urgenturies)
  • Et parfois, douleurs abdominales et fièvre.

 

 

Généralement, l’infection urinaire est causée par la prolifération anormale d’agents infectieux (des bactéries dans la plupart des cas) qui parviennent à « coloniser » le système urinaire ; l’urine est alors contaminée.

 

On distinguera les infections urinaires ascendantes (ascension du germe depuis le périnée vers la vessie) et les infections urinaires iatrogènes (dues par exemple aux sondages vésicaux ou aux gestes endoscopiques).

Dans plus de 80 % des infections urinaires, le germe en cause est une bactérie intestinale (entérobactérie) de type Escherichia coli.

 

Définition et mécanismes d'action de l'Escherichia Coli 

 

 

L'Escherichia coli, également appelée colibacille et souvent abrégée en E. coli, est une entérobactérie (bactérie provenant du côlon) qui compose environ 80 % de notre flore intestinale.

 

Ces E.coli deviennent pathogènes, lorsqu'elles pénètrent dans un organisme non habituel causant alors des troubles plus ou moins sévères. 

 

Les E. coli uropathogènes, responsables de près de 90% de nos infections urinaires, ont la particularité de pouvoir adhérer aux parois des voies urinaires (Figures 1 et 2).

 

  

                                                          Figure 1                                                                                  Figure 2

 

Pour permettre cette adhérence, les E. Coli sont pourvus de prolongements appelés fimbriae ou adhésines à l’extrémité de leurs pilis (sorte de "petits bras" ). Cette adhérence va leur permettre notamment de remonter via l’urètre dans la vessie en évitant leur élimination par le flux urinaire.

 

L’adhérence des bactéries E.coli à l’uroépithélium (muqueuse tapissant les voies urinaires) est la première étape dans la pathogénicité* des infections urinaires suivie par la colonisation et la multiplication bactérienne (Figure 3).

 

De nature protéique, les adhésines se lient aux récepteurs hydrocarbonnés qui se trouvent à la surface des cellules uroépithéliales* et colonisent ensuite la vessie. De plus, les E.coli uropathogènes forment des communautés bactériennes intracellulaires dans les cellules de l’urothélium ce qui leur permet d’échapper au système immunitaire. 

 

Pour finir, elles peuvent également former des biofilms intra et extracellulaires ce qui leur confère une meilleure résistance aux antibiotiques. 

 

Ces deux phénomènes expliqueraient la chronicité souvent observée dans les infections des voies urinaires.

                                                                               Figure 3

 

 

Au regard des différents mécanismes d'action de l'E.coli, on comprend alors mieux l'importance de prévenir de son adhésion aux parois des voies urinaires (notamment grâce à l'action anti-adhésive de la cranberry VM) pour limiter les risques de cystites.

 

En effet, si les antibiotiques donnés de façon empirique à titre préventif, permettent de diminuer l'incidence des crises, ils risquent d'entrainer des effets indésirables (allergies, troubles digestifs…) et des recrudescences de résistance liés au traitement (apparition de souches de bactéries multi résistantes ou BMR). 

C’est donc dans ce contexte que les professionnels de santé plébiscitent de nouvelles approches phytothérapiques.

De par son caractère naturel et son moindre coût, la Cranberry Vaccinum macrocarpon présente l'avantage de réduire le risque de voir apparaître des bactéries résistantes aux antibiotiques et n'expose pas aux effets secondaires gênants ou dangereux de la prise régulière d'un antibiotique, comme la surinfection fongique intestinale ou vaginale.

 

 

Cellules uroépithéliales: Cellules qui composent l'épithélium ou tissus à l'intérieur de la vessie.

Pathogénicité: Pouvoir d'un organisme ( bactéries, virus...) ou d'une substance à causer une maladie.